Savoir d’où vient un café paraît simple.

Un producteur, une parcelle, quelques coordonnées GPS et un lot identifié : en apparence, la traçabilité pourrait presque se résumer à cela.

Sur le terrain, la réalité est plus complexe.

Dans de nombreuses régions caféières, les caféiers poussent au milieu d’autres cultures et sous des arbres d’ombrage. C’est notamment le principe de l’agroforesterie : associer sur une même parcelle différentes espèces végétales plutôt que de considérer le caféier comme une culture isolée.

Cette diversité peut être une richesse pour l’exploitation agricole et son environnement. Mais elle pose aussi un défi lorsqu’il faut cartographier précisément les parcelles et démontrer l’origine d’une production.

Ce que rappelle la FAO

Dans des recommandations techniques publiées en 2026, la FAO attire l’attention sur une difficulté importante : une parcelle de cultures arborées exploitée sous couvert végétal peut être difficile à distinguer d’une forêt naturelle à partir des seules données satellitaires.

Autrement dit, la technologie est utile, mais elle ne suffit pas toujours à raconter correctement ce qui existe sur le terrain.

La FAO recommande donc de croiser différentes sources d’information : observation satellitaire, données de terrain, informations de référence et connaissance locale.

Cette question est loin d’être seulement technique.

Une mauvaise interprétation des données peut compliquer la démonstration de conformité d’un petit producteur dont la parcelle est irrégulière, diversifiée ou fortement arborée. À mesure que les exigences de traçabilité se renforcent sur les marchés internationaux, la qualité des données devient donc aussi une question d’accès au marché.

Pour SamCafé, la traçabilité commence sur la parcelle

C’est précisément l’un des principes sur lesquels nous construisons notre filière.

Notre objectif n’est pas simplement d’apposer un QR code sur un paquet de café.

Nous voulons progressivement pouvoir relier un café à son lot, son origine, sa parcelle et aux différentes étapes qui l’ont conduit du producteur jusqu’au produit commercialisé.

Cela demande de recueillir des informations fiables dès le terrain, mais également de conserver leur histoire au fur et à mesure que le café change de mains et d’état : récolte, préparation, regroupement, transport, torréfaction et conditionnement.

La traçabilité devient alors une chaîne d’informations plutôt qu’un simple numéro imprimé sur un emballage.

Mais derrière les données, il y a des producteurs

La FAO soulève également une autre question essentielle : celle de la gouvernance des données des petits producteurs.

Géolocaliser une parcelle, identifier son exploitant ou enregistrer sa production produit des informations qui ont une valeur. Leur collecte doit donc aller de pair avec des règles compréhensibles concernant leur utilisation et leur protection.

C’est un enjeu auquel SamCafé veut accorder une place importante dans le développement de ses outils numériques.

La technologie ne doit pas éloigner le producteur de sa propre production. Elle doit, au contraire, permettre de mieux documenter son travail et de rendre son origine visible dans la chaîne de valeur.

Une traçabilité qui doit rester humaine

Le défi des prochaines années ne sera probablement pas seulement de produire davantage de données sur le café.

Il sera de produire de meilleures données, suffisamment précises pour répondre aux exigences des marchés, mais suffisamment proches du terrain pour ne pas transformer une réalité agricole complexe en une simple coordonnée GPS.

C’est dans cette direction que SamCafé souhaite avancer : associer connaissance locale, identification des parcelles, suivi des lots et outils numériques pour construire progressivement une filière où l’origine du café peut être documentée sans faire disparaître ceux qui la rendent possible.

Parce qu’au bout de chaque donnée, il y a d’abord une parcelle, un producteur et une histoire.

Source

FAO, 3 juin 2026 : Forest monitoring good practices: mapping tree crop commodities et Forest monitoring good practices: inclusive smallholder data governance.

Lire la présentation de ces publications par la FAO, datée du 3 juin 2026.